Lundi 18 juin 2007
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Une « bonne choucroute », c'est effectivement bon pour la santé. . De même que la plupart des autres aliments avantageusement transformés par les ferments lactiques. La fermentation n'est
rien d'autre que la transformation des glucides d'un aliment (légume, fruit, légumineuse, céréale) soit en alcool (bière et vin) - on parle alors de fermentation alcoolique - soit en acides
organiques, dont l'acide lactique. On parle alors de fermentation lactique. Ces transformations organiques se font grâce à l'action d'enzymes (protéines) produites par des bactéries ou des
champignons microscopiques (levures et moisissures).

Une technique ancestrale
L'acidification naturelle est un procédé de conservation qui remonte à la nuit des temps. Et hormis les conserves employant le vinaigre, la plupart des fermentations utilisées aujourd'hui sont
encore à dominante lactique. Il faut dire que par rapport à la congélation et à la stérilisation, la lactofermentation présente beaucoup d'avantages. D'abord, c'est une méthode très économique, la
moins coûteuse et le moins gourmande en énergie. Ensuite, c'est celle qui préserve le plus longtemps les nutriments de l'aliment sans les détériorer. James Cook l'avait compris, lui qui faisait
embarquer des tonneaux de choucroute sur ses navires . Par sa teneur en vitamine C, le chou fermenté préservait en effet les marins du scorbut. Enfin, c'est une technique qui permet de garder très
longtemps les saveurs de départ. Et même d'apporter aux aliments un supplément de goût agréablement acidulé. La choucroute est bien meilleure à déguster que le chou qui lui a donné
naissance !
Triple avantage
Le travail des bactéries ne permet pas seulement de conserver à l'aliment ses qualités : il lui en apporte de nouvelles ! Il est ainsi démontré que les lactobacilles (organismes
microscopiques responsables de la lactofermentation) synthétisent la vitamine C et les vitamines du groupe B. Le tempeh (soja fermenté indonésien), présente par exemple une teneur supérieure en
vit. B 12 que le soja non fermenté. Dans une choucroute, il y a aussi plus de vitamine C que dans le chou. Non contente de les enrichir, la fermentation permet également une prédigestion des
aliments. L'amidon se transforme par exemple en maltose et en glucose, des sucres plus digestes. Les lipides sont en partie décomposés en acides gras et les protéines en acides aminés, ce qui fait
monter en flèche leur biodisponibilité. Autre avantage non-négligeable : la lactofermentation détoxifie les aliments qui, comme les céréales, les légumineuse ou le soja cru, contiennent des
substances antinutritives. Ils en deviennent plus comestibles , et donc nettement plus intéressants dans le cadre d'une alimentation hypotoxique.
Bon pour la flore
Mais l'atout principal de la lactofermentation, c'est évidemment ses effets bénéfiques sur la flore intestinale. L'acidification de l'intestin va inhiber le développement des germes pathogènes pour
favoriser celui des germes saprophytes. Or ceux-ci exercent à leur tour une action antibactérienne tout en synthétisant certaines vitamines (B, K) . L'équilibre de la flore intestinale protège
ainsi des infections, évite la prolifération des champignons et soutient l'immunité dans son ensemble. C'est pourquoi les ferments lactiques sont vivement recommandés après une antibiothérapie
destructrice de flore. Mais des recherches scientifiques récentes vont encore plus loin : les aliments lacto-fermentés protègent probablement de certains cancers et préserve sans doute des
ulcères d'estomac et de l'intestin. Last but not least, l'acétylcholine engendré par la fermentation est de plus en plus considéré comme un antidépresseur naturel.
En pratique
Bref, les aliments lacto-fermentés sont les bienvenus dans notre assiette. Si nous disposons du temps et du matériel nécessaire (pots en grès spéciaux) , nous pouvons les préparer nous-mêmes.
Sinon, on en trouve beaucoup dans le commerce diététique : choucroute, carottes, céléri, radis noir, cornichons, concombres., etc… Ces légumes en bocaux seront de préférence de culture
biologique et n'auront subi - à vérifier sur l'étiquette - qu'une pasteurisation modérée (75°C pendant 5 à 7 minutes).
On trouve parfois de la choucroute crue, ce qui est l'idéal d'un point de vue thérapeutique. Ne négligeons pas non plus les produits extrême-orientaux comme le tempeh, le miso, le tofu, le shoyu ou
le tamari. : obtenus à partir de soja fermenté, ils sont très riches en protéines assimilables. Rayon boissons, on préféra le vin et le cidre à la bière, qui est généralement chauffée. Il
existe aussi des jus de légumes fermentés : nous conseillons encore une fois d'opter pour ceux d'entre eux qui ne sont pas pasteurisés.
Les produits laitiers ?
L'acide lactique n'a rien à voir avec le lait . Mais les fromages et yaourts entrent effectivement dans la catégorie des aliments lacto-fermentés. Leur digestibilité accrue constitue cependant un
piège car la lactofermentation ne dégrade pas toutes les protéines antigéniques contenues dans le lait. Les dérivés laitiers ne nous paraissent guère plus adaptés à notre physiologie que le
breuvage lui-même.
D après Alain Mahieu
Nutritionniste certifiés par la Faculté Libre de Médecine Environnementale du Dr. Jacques Fradin à Paris (1990)
Fondateur et responsable de l'association Efelia (1995) dans laquelle il enseigne et anime les séminaires de Gastronomie Diététique.
Par mamzelle yaya
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Publié dans : Alimentation saine
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